PAROLE D'ANCIENS
PAROLE D'ANCIENS
ACTIONS et MANIFESTATIONS



INTRODUCTION
Cette monographie locale est rédigée sur le village et sur les personnalités qui le composent en récoltant les souvenirs des anciens, afin de mettre noir sur blanc ce que toute une population locale peut savoir sur la vie autrefois, sans qu'il y en ait de trace officielle.
M.ET Mme BRICOUT
YVETTE BRICOUT NÉE ... EN 1934, À BOURTH près de VERNEUIL SUR AVRE.

Yvette est élevée par sa grand-mère paternelle jusqu’à 6 ans, avec son frère et sa soeur et d’autres enfants de L’Assistance publique.
Yvette est l’aînée de 8 enfants dont 6 vivants.
Ses parents travaillent à Loravia, une usine de fabrication de pièces d’avion. Après avoir fait la grève, ils perdent leur emploi.
Le père devient homme d’entretien et fait fonction d’assistant auprès d’un médecin, bien qu’ayant une formation de menuisier charpentier.
Puis, il tente de trouver du travail à Pont Ste Maxence où il loge chez des cousins. Sa mère suivra.
Yvette, quant à elle , est placée chez les soeurs à Verneuil sur Avre dans un ouvroir, où elle apprend la couture, ponctuée par les prières tout au long du jour. Chacune des jeunes filles est responsable d’un enfant d’une famille pauvre, dont elle coud les vêtements.
Après son mariage, quand ses enfants vont à l’école, dès 1962, Yvette se met au service de Mme Debré, elle fait le lavage, repassage, couture, ménage.
Elle y restera 15 ans. Yvette aime beaucoup sa patronne, une russe blanche, Mme Ivanovitch, expatriée en 1918, à la Révolution, et qui épousera un chirurgien de Creil, issu d’une grande famille de médecins.
Ensuite, Yvette fera le ménage dans les écoles et à la mairie de Verneuil durant 18 ans.
MARIAN BRICOUT NÉ ... EN 1930 À HADLE SZKLARSKIE EN POLOGNE

Sa mère travaille dans une ferme, en Pologne,son père est inconnu.
Ses grands parents maternels sont morts en 1918 de la grippe espagnole.
Quand sa mère part en France comme saisonnière, en 1937, avec un contrat de 6 mois, c’est son arrière grand-mère qui s’occupe de lui.
Sa mère cherche à rester loin de la Pologne, de la misère, du communisme. Elle travaille dans une ferme à Corboulieu près de Compiègne, c’est à cette époque qu’elle rencontre M. Bricout
Alors, quand l’arrière-grand-mère meurt à 99 ans, le jeune Marian est confié à un des ses oncles, Joseph, à peine âgé de 19 ans, mais celui-ci est emmené par la police et ne reparaîtra jamais.
Marian va alors chez un autre oncle, qui en fait son esclave, pas de chaussures dans la neige, l’appelant «le bâtard», et refusant de l’envoyer à l’école où il n’est allé que 3 ans.
Vers 17 ans, le jeune homme se sauve et tente de rejoindre sa mère qui est en France.
Il prendra le nom de Bricout après le mariage de sa mère, quand M.Bricout le reconnaitra officiellement.
INSTALLATION EN FRANCE:
Marian arrive à Pont, il travaille à CERABATI pendant 2 ans, où il est logé.
C’est là qu’il rencontre Yvette, les jeunes gens se plaisent et se fréquentent, puis Marian part pour l’armée en Allemagne, pendant 18 mois, il apprendra le français et deviendra très débrouillard.
A son retour, Yvette et Marian se marient le 3 octobre 1953.
Marian travaille à ce moment-là chez Kuhlmann, dans un atelier de produits chimiques, un accélérateur de prise pour une résine. Il deviendra agent de maîtrise, il restera dans cette usine durant 33 ans.
Au début de leur mariage, ce n’est pas la richesse !
Yvette est partie de chez sa mère sans aucun vêtement de rechange, rien que ce qu’elle a sur le dos ; c’est sa belle-mère qui lui prêtera des sous-vêtements.
Marian a demandé aux chemins de fer un wagon désaffecté pour en faire sa maison. Le transport se fait sur une plate-forme de camion jusqu’à Sarron, le Wagon est déposé sur des ballots de paille, puis Marian construit quatre pilastres en béton sur lesquels il soude des traverses de fer, et le wagon est posé dessus par un grutier de Fleurines.
L’hiver 54 est rude!
Un bébé, Jojo, naît en février 54, le wagon n’est pas isolé, le froid traverse la mince paroi.
Le bébé doit dormir entre ses parents, car tout gèle à l’intérieur, les couvertures du lit sont raides le matin et le lait est tellement gelé dans la casserole qu’on peut la retourner sans rien renverser.
Un autre enfant, Patrick, naît en février 55.
La famille reste dans le wagon durant 3 ans.
Ils déménagent dans une petite maison rue Carnot, en août 1956. Des voisins malveillants leur font de multiples petits ennuis.
M.Bricout avait construit un petit talus servant à dériver l’eau de pluie vers la route, car lors des orages, la maison recevait toute la coulée de la rue.
Or, ce voisin a détruit ce muret de dérivation juste pour ennuyer les B.
Au bout de 2 ans de ces chicaneries, ils déménagent, et arrivent à la rue Calmette en décembre 1958, leur troisième fils Alain a 6 mois.
La maison a subi de rudes épreuves durant la guerre, les allemands l’ont occupée puis les réfugiés qui avaient perdu leur maison dans les bombardements.
La propriétaire, Mlle B. est violoniste parisienne, issue d’une grande famille ayant des propriétés, entre autres, à Verneuil.
C’est le curé de Verneuil, l’abbé Léon Huquet, qui se propose comme intermédiaire entre les Bricout et Mlle Beudin.
En 1958, la propriété est achetée 2,5 millions de francs. (anciens bien sûr!)
Ils vendent leur maison de Mont-la-Ville, et empruntent à la mère de M. Bricout qui a quelques économies.
Il n’y avait plus de fenêtres, les plafonds étaient défoncés, tout était à refaire, deux pièces seulement étaient habitables, où la famille se serre.
Après la guerre, les allemands sont partis en laissant un portrait de Goering, piégé, c’est Charlot Degaugue, avec un autre, qui fera sauter la grenade cachée derrière.

LA VIE AUTREFOIS:
Avant la passerelle qui relie Verneuil à Villers, les gens utilisaient le bac, avec un passeur M. Bourez.
M. Bricout se rend parfois à Rieux, voir Zophie, la soeur de Jean Brdys.


La passerelle est inaugurée le 18 février 1951 et prend le nom de Jean-Biondi, ancien maire de Creil qui a soutenu le projet de la passerelle.

La Vallée :
Un simple chemin de terre desservait les quelques maisons de la Vallée, Bréhamel, Malbranc, La mère de M.Bricout, Cadent, Le Père Prince.
Sur la droite, il n’y avait que des jardins, le Fossé Ste Geneviève était un beau ru, avec un débit important.
La rue Calmette:
Après Van Acker, c’était la forêt, en face, c’était les pâtures.
Le Calvaire était à gauche, une mare occupait l’espace à la place du gymnase.
Les fermes:
Dans la rue Calmette, à côté, c’était la ferme Debruyne, Yvonne et Alice menaient les vaches au pré, chemin de la Joie, chaque matin après la traite et les ramenaient à l’étable tous les soirs. Plus loin, la ferme Gaillart.
Les fermes étaient nombreuses: Kellens ,Moreau, Duru, à Mont-la-Ville; Bréhamel, Van Houtteghem, en centre ville, Rémi Vanlerberghe à Malassise.
Verneuil était un vrai village rural.